Territoire Abîme
Il y a plus d’un siècle, mon arrière-grand-père italien est arrivé en Amérique du Sud dans un bateau de migrants. Trop pauvre pour pouvoir payer les passeurs, son oncle l’avait caché dans une valise. Il avait dix-huit ans, il est parvenu les mains vides jusqu’à des terres inconnues et peut-être sauvages...
“Migrer, c’est à chaque fois une mort. Une rencontre en tête-à-tête avec la haine des autres, l’incompréhension et l'expérience du déracinement. Mais c'est aussi la possibilité de découvrir que, même lointains et étrangers, nous, êtres humains, sommes tous faits de chair, de sang, d'os, de bouleversements et d'amour.”
Cette pièce explore et questionne le jeu intérieur et extérieur provoqué par les phénomènes migratoires : le rejet, la solitude, le désarroi, l’abîme, l’espoir, l’accueil, la possibilité et le défi de découvrir nos semblables. Quel est le corps qui se détruit ou se construit loin de “son” territoire ? Le corps, a-t-il “un” territoire ? La danse est également inspirée par le roman de Yukio Mishima Le Marin rejeté par la mer, texte où la fragilité et la sauvagerie de l’être humain sont exprimées sans complaisance.
Cette pièce est née sous la forme d'une performance de rue, commandée pour le festival “Bancs publics” organisé par la compagnie “Tout S’embal” à Forcalquier (04) en octobre 2015. Territoire Abîme est une version plus longue pour salle de cette première expérience. La pièce a été présentée en 2016 à l'Espace culturel Bertin-Poirée – association franco-japonaise de Tenri et, en 2017, a fait partie du 19e Festival de butô de Paris.
Conception et interprétation : Lorna Lawrie.
Musique : compositions de Dante Tanzi / “Passacaglia della vita” de Stefano Landi par Rosemary Sandley & Dom / “Pangea” de Chet Nuneta.
Création lumière : Margot Oliveaux.
