Le butô est une danse qui porte en soi la question de ce qu’est “danser“ ; elle vient bouleverser des questionnements autour de la danse : ”jusqu'à quand peut-on danser ?” “quel est LE corps du « danseur » qu'impose notre société au fil du temps ?…

Née au milieu des mouvements d’avant-garde surgis dans les années 1960 au Japon, le butô questionne ainsi toute la danse de l’époque, et vient détruire irrémédiablement le “corps du danseur” conçu jusque-là.

Le butô donne un nouveau corps au danseur, et ceci fut un de ses aspects révolutionnaires. Un corps qui ne cherche pas à s’étendre vers l’extérieur, mais vit intensément ce qui le divise entre l’intérieur et l’extérieur. Un corps dépouillé des codes sociaux, un “corps mort” au social, ignorant de l’ego et des apparences. Pour Hijkata, un des fondateurs des principes du butô, la danse ne résidait pas dans une composition linéaire de mouvements mais plutôt dans l’exploration de la profondeur du corps lui-même.

Il pensait qu'il fallait à la fois “re-découvrir le corps et réinventer la danse”. L'idée n'était pas de construire un corps qui transmette un message ou qui soit un instrument au service de, sinon travailler un corps capable de parler par lui-même. Un corps chair ; un corps sensation capable de danser sa propre histoire. Dans sa volonté de transformer la notion de corps vécu, la technique du butô ne rappelle aucune autre technique de danse.

Danser butô
Hijikata ouvre ainsi une porte vers une autre conception de la danse, et, indirectement, postule que toute personne qui le souhaite est capable de danser.

Il s'agit de s'ouvrir à une écoute globale, pour pouvoir suivre la précision dictée par la force de nos émotions à l'état pur. Apprendre à écouter et laisser danser les intensités qui nous traversent. La puissance de nos os, les chants qui cumulent nos nerfs, le rire de notre peau... Pouvoir donner à voir une autre danse peut être un long et merveilleux travail.

À propos du butô